Sur le terrorisme anarchiste

René Berthier
mardi 12 avril 2011
par  Eric Vilain
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Le basculement de certains anarchistes vers le terrorisme fut un phénomène très circonstanciel, et limité dans le temps. C’est essentiellement le résultat de l’écrasement de la Commune de Paris et de la répression terrible qui s’abattit sur le mouvement ouvrier. On attribua à l’apathie des masses leur incapacité à se mobiliser. Epuisés par leur travail, les ouvriers et les paysans devaient être convaincus par l’action plutôt que par la parole. Rappelons qu’en 1872 la loi dite « Dufaure » réprimait sévèrement l’appartenance à l’Internationale.

Ce serait une erreur de ne considérer la période de la « propagande par le fait » – interprétation tendancieuse d’un concept constructif élaboré du temps de l’AIT – que comme un simple égarement #. C’est oublier que les ouvriers livrés à un arbitraire patronal que plus rien ne freine, et qui souvent n’ont rien à voir avec le mouvement anarchiste, prennent l’initiative de l’action individuelle violente, qui devient un phénomène généralisé qui n’a pas ses origines dans le mouvement anarchiste. Ce sont d’abord des actes de ras-le-bol spontanés. Pour quelques cas médiatisés, de nombreux cas restés ignorés : un ingénieur est défenestré à Decazeville en 1886 ; un patron du textile de Roanne se fait révolvériser par un ouvrier en 1881.


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