GASTON LEVAL Espagne 36-39. – Chapitre IV : Villes et réalisations éparses

dimanche 2 décembre 2012
par  Eric Vilain
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Dans la variété des structures de reconstruction sociale, l’organisation
que nous appellerons municipaliste, que nous pouvons aussi appeler
communaliste, et qui plonge ses racines dans des traditions espagnoles
demeurées vivantes, mérite une place à part. Elle se caractérise par le rôle
éminent de la ville, de la commune, du municipe, c’est-à-dire par la
prédominance de l’organisation locale, qui embrasse l’ensemble de la cité.
Les autres institutions, même les plus modernes et qui, parce qu’elles sont
les plus modernes, ne sont pas aussi profondément enracinées : syndicats, coopératives, communautés même – sont une partie de l’ensemble, sauf certaines collectivités, particulièrement aragonaises, mais ne sont pas l’ensemble, n’incarnent pas l’âme collective. C’est ce que nous voyons dans une petite ville industrielle comme Granollers, en Catalogne (18.000 habitants) ; dans un village important comme Binéfar, en Aragon, ou dans des capitales de province, plus peuplées mais proportionnellement moins industrialisées, comme Castellon de la Plana ou Alicante, dans le Levant.

Même quand le Syndicat existe, et joue un rôle important, il ne dirige pas la
totalité de la vie sociale, contrairement aux conceptions des théoriciens du
syndicalisme.

Dans certains cas, comme à Fraga, comme à Rubi, l’organisation directe
de la cité, embrassant le tout, se confond avec celle de la collectivité
productrice, et l’on pourrait dire que les deux structures s’interpénètrent.
Localement, l’autodétermination de l’ensemble s’est affirmée, et
l’organisation de la ville confirmée, ce qui renforce sa personnalité devant
l’Etat, ainsi que les libertés et la pratique de l’indépendance quant à la vie
sociale.


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