Israël-Palestine. Mondialisation et micro-nationalismes

René Berthier
samedi 22 décembre 2012
par  Eric Vilain
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CET OUVRAGE A ÉTÉ PUBLIÉ EN 1998 PAR

LES ÉDITIONS ACRATIE

Le 30 octobre 1991 s’ouvre à Madrid des négociations de paix
entre Israéliens et Palestiniens. L’événement est sans précédent. Pour
la première fois, les acteurs du conflit, Palestiniens et Israéliens, se
rencontrent et discutent. Mais nombre d’incertitudes pèsent sur le
processus de paix engagé à Madrid. A n’en pas douter, la poursuite et
l’intensification de la politique israélienne de colonisation sous le
gouvernement de Shamir, puis sous celui de Rabin qui lui succède,
représente la plus grave menace pour ces négociations ; plus encore,
elle est une cause d’aggravation du conflit et porte le germe de
nouveaux bouleversements qui ne feront que rendre encore plus
difficile la recherche de la paix
Depuis 1967, Israël a confisqué plus de 50 p. 100 de ce qui restait
des territoires palestiniens. Le nombre de colons juifs dans les territoires
occupés, Jérusalem-Est comprise, dépasse aujourd’hui 250 000. A la
faveur de la vague d’immigration soviétique, les autorités israéliennes
ne cachent pas leur intention d’y doubler, voire tripler la population
juive. Des milliards de dollars sont ainsi investis pour bouleverser les
données démographiques. Les négociations n’ont pas empêché le
gouvernement israélien de consacrer le quart de son budget du logement
pour 1992 à la création et à l’extension des colonies de peuplement dans
les territoires occupés.
A Jérusalem-Est, depuis l’occupation de 1967, le gouvernement
israélien a détruit ou confisqué des centaines d’habitations et expulsé
des milliers de Palestiniens. Cette politique s’intensifia ensuite avec
l’implantation de nouveaux colons venus de l’ex-URSS. L’objectif
avoué était d’obtenir une population majoritairement juive et de rendre
ainsi irréversible l’annexion illégale de la ville.

Tant l’Assemblée générale que le Conseil de sécurité des Nations
unies ont condamné à maintes reprises la politique de colonisation
d’Israël. La résolution 446 du 22 mars 1979 du Conseil de sécurité,
notamment, considère que « la politique et les pratiques israéliennes
consistant à établir des colonies dans les terres palestiniennes et dans les
autres territoires arabes occupés n’ont aucune validité en droit et font
gravement obstacle à l’instauration d’une paix globale, juste et durable
au Moyen-Orient ». On sait que les résolutions du Conseil de sécurité de
l’ONU ne sont appliquées que sélectivement.


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