Arthur Lehning : Du syndicalisme révolutionnaire à l’anarchosyndicalisme. – La naissance de l’Association internationale des travailleurs de Berlin

vendredi 25 janvier 2013
par  Eric Vilain
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Avant la Première Guerre mondiale, le syndicalisme révolutionnaire était largement assimilé à celui de la CGT française, considérée en quelque sorte comme un modèle pour plusieurs organisations d’autres pays qui, toutes, approuvaient l’attitude neutre ou négative à l’égard des partis politiques et, par conséquent, de la Deuxième Internationale, fondée en 1889. Cependant, quand la question de l’organisation internationale du syndicalisme révolutionnaire lui-même se posa, d’importantes divergences tactiques apparurent entre la CGT et la plupart des syndicalistes étrangers.
Sous l’influence idéologique de l’anarchisme et des efforts directs des anarchistes, de Pelloutier en particulier, le syndicalisme français exercera, de 1892 à 1895, un ascendant anti-autoritaire et autonome, antiparlementaire, antimilitariste, antipatriotique. Ce que voulait Pelloutier, c’était soustraire le mouvement ouvrier à l’influence et à l’accaparement des partis politiques. D’après Pouget, le rédacteur de la Voix du peuple, cette influence idéologique anarchiste empêcha la conquête des syndicats par les guesdistes. Mais quand, en 1909, Jouhaux devint un des principaux leaders de la CGT, la lutte des tendances s’y installa.
La CGT était affiliée au Secrétariat de Berlin. Créé en 1903 pour faciliter et coordonner les contacts internationaux entre syndicats réformistes, ledit Secrétariat n’était rien d’autre qu’un simple bureau d’information, dont le bureau central de l’Allgemeine Deutsche Gewerkschafts Bund, sous la direction de Carl Legien , assurait les fonctions. Aux conférences internationales n’assistaient que les dirigeants des syndicats associés, qui n’y discutaient que de questions techniques en écartant tout problème théorique qui eût risqué de les entraîner sur le terrain politique, réservé aux seuls partis sociaux-démocrates.
Ni la CGT ni le Nationaal Arbeids Secretariaat (NAS) (la première centrale syndicale en Hollande, de tendance syndicaliste, qui avait été fondée en 1893 et dont Christiaan Cornelissen était le principal animateur), n’avaient la moindre influence au Secrétariat.


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