Bakounine, Dieu et la religion

Bicentenaire de Bakounine
samedi 18 janvier 2014
par  Eric Vilain
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Toute l’œuvre de Bakounine est parcourue de critiques contre l’Église et la religion. La première condition pour adhérer à ses sociétés secrètes était l’athéisme, qui figurait dans tous ses programmes. Cela semble même presque obsessionnel chez lui. L’un de ses textes les plus connus et les plus publiés, Dieu et l’État, est une critique de la religion et de ses rapports avec l’État. Les innombrables éditeurs qui ont publié ce texte n’ont souvent pas vu que ce n’était rien d’autre que le fragment d’un livre – un des rares que Bakounine a publiés de son vivant – L’Empire knouto-germanique et la révolution sociale.

Bakounine n’a jamais pensé que la critique de la religion était achevée. Elle est au contraire un combat permanent. Elle parcourt toute son œuvre. Le débat est encore particulièrement d’actualité lorsqu’on constate aujourd’hui la montée des fondamentalismes religieux, la résurgence massive des superstitions, des sectes et de l’occultisme, et qu’aux États-Unis la théorie de l’évolution de Darwin est remise en cause au profit du créationnisme. Deux siècles après les Lumières, que Bakounine a tout d’abord combattues dans sa jeunesse mais auxquelles il a ensuite largement adhéré, il semble que l’irrationnel soit devenu une norme.

Aujourd’hui même, les anarchistes des États-Unis ont abandonné la lutte contre la religion parce qu’elle est tellement imprégnée dans l’esprit des gens qu’ils estiment que ce serait suicidaire ! Dès lors, peut-on dire que la lutte contre la religion est une affaire dépassée ?


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