L’anticlérical, un surhomme ?

Pierre Sommermeyer
lundi 22 septembre 2014
par  Eric Vilain
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Il est de bon ton quand on est anarchiste d’être anti-clérical de
façon radicale. J’avoue qu’après avoir lu un bulletin paroissial
où entre autres choses le curé du coin dit que le mal a pour
origine le péché originel et autres fariboles du même genre, je ne suis
pas loin de partager ce genre d’avis même si cela ne me satisfait pas
complètement. L’impression que proclamer « ni dieu ni maître » nous
fait passer à côté de quelque chose est tenace. Étant de culture
protestante, je suis, au fond, mal à l’aise avec l’anticléricalisme primaire.
À ce propos, j’ai été satisfait de lire ce que Daniel Colson disait dans le
numéro précédent de Réfractions :

« En France, terre catholique, les anarchistes issus du protestantisme
ont une attitude différente de celles de leurs compagnons venant du
monde catholique romain. Je prendrai comme exemple Elisée Reclus,
issu d’une vieille famille huguenote. Dans son article intitulé L’anarchie
et l’Église, on assiste à une charge d’une rare violence contre l’Église
catholique. Mais pas un mot contre sa sœur, la protestante. Sa culture
protestante montre d’ailleurs le bout de son nez à travers une citation
biblique et la mention suivante “ceux qui ont perdu la foi” ».

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