COMMENTAIRES SUR « BLACK FLAME »

Black Flame, est un ouvrage écrit par deux auteurs sud-africains, Michael Schmidt et Lucien van der Walt (2009, AK Press), qui présente un grand intérêt par le fait qu’il condense dans un même ouvrage de nombreuses informations sur l’histoire du mouvement libertaire international. Le livre reste cependant très contestable par les choix méthodologiques adoptés et par l’« invention » d’un certain nombre de concepts qui me paraissent totalement inopérants.
Black Flame a suscité de nombreuses réactions, positives et négatives, dans le monde anglo-saxon mais aussi en Amérique latine où il a été traduit, mais pratiquement aucune en France, dans la mesure où il n’est pas accessible en français.
Mes réflexions critiques sur Black Flame ne portent pas sur la quantité importante d’informations que le livre contient sur le mouvement libertaire et syndicaliste révolutionnaire international. Des contestations pourraient sans doute être formulées sur un certain nombre de faits évoqués par les auteurs, mais je ne pense pas que de telles objections puissent beaucoup remettre en cause l’intérêt factuel du livre.
L’ambition des auteurs de Black Flame est de montrer qu’on ne peut pas comprendre l’histoire moderne si on ne parle pas de l’anarchisme et du syndicalisme révolutionnaire. Ce volume examine les liens existant entre l’anarchisme et d’autres idées : celles de Proudhon (que les auteurs ne considèrent pas comme étant anarchiste), du marxisme classique, du libéralisme économique. Il explore les relations entre anarchisme et syndicalisme révolutionnaire et examine les principaux débats stratégiques et tactiques du mouvement.
En particulier, Black Flame montre à juste titre que le mouvement libertaire est un fait international qui ne peut pas réellement être compris si on limite l’examen à l’anarchisme occidental, comme c’est le cas dans la plupart des ouvrages. Sur ce point, nous sommes entièrement d’accord.

Cependant, il me semble nécessaire de faire quelques remarques sur les choix méthodologiques adoptés concernant au moins quatre points :

• La définition de l’anarchisme ;
• Le concept de Broad anarchist tradition (tradition anarchiste large) ;
• La « date de naissance » du syndicalisme révolutionnaire et sa perception comme « stratégie » et comme « variante » de l’anarchisme ;
• La distinction entre syndicalisme révolutionnaire et anarcho-syndicalisme.

Cette rubrique présentera « en pointillé », sans nécessairement adopter un ordre particulier, mes réflexions sur le livre.

R.B.


Articles publiés dans cette rubrique

samedi 28 octobre 2017
par  Eric Vilain

Le syndicalisme, la presse anarchiste et les effectifs anarchistes jusqu’en 1914

Ce texte s’inscrit dans le cadre d’un travail destiné à un débat au sein du mouvement libertaire brésilien
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