Etudes proudhoniennes, Tome I. – L’Économie

René Berthier
dimanche 17 juin 2012
par  Eric Vilain
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Le mouvement anarchiste est né vers le milieu du siècle dernier de la rencontre de deux facteurs : la tendance immémoriale de l’humanité à lutter contre l’oppression politique et l’exploitation économique ; la révolution industrielle et la formation du mouvement ouvrier moderne.

L’époque est particulièrement sombre. De 1840 à 1850, la population laborieuse en France passe, après une révolution populaire écrasée dans le sang, d’un régime de réaction monarchique à la réaction impériale de Napoléon III. La révolution industrielle développe à grande échelle le machinisme, l’arbitraire patronal sans limites et la misère la plus terrible. Le servage en Russie et l’esclavage des Noirs aux États-Unis n’ont pas été supprimés. Les seules alternatives alors proposées au prolétariat sont les doctrines sociales de l’Église ou un socialisme d’État doctrinaire et utopiste.

Lorsque Proudhon décrit, en 1846, en des termes qui peuvent aujourd’hui sembler mélodramatiques, la misère du peuple dans le Système des contradictions économiques, ce n’est pas une formule de style. Karl Marx expliquera dans le Livre I du Capital que la suppression du travail des enfants n’a pas été motivée par la compassion mais parce que les inspecteurs des fabriques constataient que les prolétaires mouraient avant d’arriver à l’âge de procréer et que la classe ouvrière finirait par disparaître.


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