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♦ BAKOUNINE AVANT L’ANARCHISTE

Il est rarement tenu compte que Michel Bakounine n’est pas tombé dès la naissance dans la marmite de l’anarchisme, comme Obélix dans celle de la potion magique.
Le révolutionnaire russe a suivi une évolution lente qui le conduit progressivement du conservatisme philosophique dans sa jeunesse au rejet de la philosophie, au combat pour la démocratie et pour l’émancipation des Slaves, puis au socialisme.

Cet homme qui s’est battu pour la démocratie en Allemagne et pour la libération des Slaves de Bohême, et qui a payé ses combats de huit ans de détention en forteresse et de quatre ans de relégation en Sibérie, n’a pas sa statue à Prague, ni à Dresde, villes où il a combattu.

Ce n’est que pendant les huit dernières années de sa vie qu’il a été « anarchiste ».
En réalité, il se qualifiait lui-même de « collectiviste », ou de « socialiste révolutionnaire ».

L’objet de ce travail est de mettre en relief le long cheminement qui a conduit Bakounine, pendant ses années d’adhésion à l’Association internationale des travailleurs, à observer le mouvement ouvrier, à écouter les militants, à developper une théorie de l’organisation originale. Cette théorie de l’organisation, il n’en est pas le créateur. Elle est le résultat d’une véritable symbiose entre l’action pratique et la réflexion théorique.

L’ambition du présent ouvrage est aussi de montrer que le conflit qui oppose Bakounine et Marx sur les questions de stratégie du mouvement ouvrier a été précédé par une autre opposition non moins importante – peut-être même plus importante – sur la question germano-slave.