Le Mur : vers un régime d’apartheid pour les Palestiniens

Mars 2004
lundi 16 novembre 2009
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Le gouvernement israélien a entrepris a partir d’avril 2002 la construction d’un mur de séparation, appelé par euphémisme « Barrière de sécurité », pour garantir la sécurité de la population israélienne. Ce mur, dont le coût estimé est de deux milliards de dollars, mais qui coûtera sans doute beaucoup plus, ne court pas le long de la frontière censée délimiter les territoires israélien et palestinien respectifs tels que définis par le droit international : il empiète très largement sur le territoire palestinien, mais les autorités israéliennes nient bien entendu qu’il est un prétexte à de nouvelles annexions masquées.

La construction du « mur » n’est que le dernier avatar d’un programme parfaitement réfléchi de l’Etat d’Israël, mis en œuvre dès sa création. Ce programme visait à occuper la terre palestinienne, mais une terre vidée de ses habitants autochtones. Toutes les tentatives de réaliser ce projet ont échoué. Le « mur » est donc le symptôme de l’échec de la politique israélienne à « transférer » ailleurs, peu importe où, la population palestinienne. Puisqu’on ne peut pas « transférer » les palestiniens, on va les enfermer.

L’idée de « transférer », c’est-à-dire de déporter les Palestiniens n’est pas nouvelle. Elle figure dès le début dans le projet sioniste et cette éventualité n’a jamais été abandonnée par les dirigeants d’Israël.

C’est Théodore Herzl, l’idéologue du sionisme qui, le premier, a envisagé la possibilité du « transfert » des Palestiniens. Dans son esprit, cependant, il s’agissait d’un transfert pacifique, ce qui aurait été, à vrai dire, une première dans l’histoire de l’humanité.

Hertzl écrivait ainsi dans son journal intime :

« Les sionistes vont exproprier gentiment (sic) les Arabes et essayer de faire évanouir cette population sans ressources hors des frontières du pays, en leur procurant des emplois dans les pays transitoires, tandis qu’aucun emploi ne leur sera fourni dans notre pays. »

Le 12 juin 1895, il écrivit encore :

« En achetant de la terre, nous apportons des avantages matériels au pays qui nous accueille. Peu à peu nous devons nous rendre maîtres des terres, privées de leur propriétaire, dans les régions où nous nous installerons. Nous essayerons de transférer leurs misérables habitants au-delà des frontières, sans que cela provoque des remous, en leur assurant du travail dans les pays de transition. Mais dans notre pays nous ne leur fournirons aucun travail... Il est de notre intérêt que les propriétaires fonciers pensent qu’ils nous exploitent en obtenant des prix excessifs pour leurs terres. Mais aucune terre ne leur sera jamais revendue. »

[*TEXTE ENTIER DE L’ARTICLE : VOIR DOCUMENT JOINT*]


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