James Guillaume, « L’Internationale, documents et souvenirs ». – Extrait : Le congrès d’Olten

lundi 16 août 2010
par  Eric Vilain
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[|James Guillaume,|]

[|L’Internationale, documents et souvenirs|]

[|Extrait|]

[|Le congrès d’Olten|]

L’Internationale, documents et souvenirs, l’ouvrage monumental et irremplaçable de James Guillaume, fourmille d’informations sur l’histoire de l’Association internationale des travailleurs. Au détour d’une page relatant des événements de l’année 1873, on tombe sur la relation d’une situation surprenante et totalement inédite : un dialogue (presque) dépassionné et quelque peu surréaliste – en tout cas sans invectives – entre deux représentants de la Fédération jurassienne, qui vient d’être exclue par Marx et consorts, et des représentants social-démocrates allemands et germanophones de Suisse.

James Guillaume et Pindy ont été mandatés pour représenter les Jurassiens au congrès d’Olten, qui doit discuter de la création d’une « organisation centrale de la classe ouvrière en Suisse ». Les deux hommes y vont sans trop d’illusions, mais entendent défendre leur point de vue et écouter celui des autres délégués.

Ils rencontrent des militants suisses allemands avec qui ils échangent des idées. La relation de ces discussions éclaire de manière extraordinaire l’attitude que pouvait avoir la social-démocratie allemande, ou influencée par elle, envers les « anti-autoritaires ». On se rend alors compte à quel point le dialogue était impossible parce que les structures mentales mêmes des militants social-démocrates rendaient impossible toute compréhension mutuelle ; parce que le sens des mots n’était pas le même, voire même parce que certains concepts employés par les « anti-autoritaires » n’avaient tout simplement pas d’équivalent en allemand.

Mais aussi parce que les social-démocrates étaient totalement ignorants de la situation dans laquelle se trouvait l’Internationale : ils ne savaient pas qu’au moment où se tenait le congrès d’Olten – 1er juin 1873 – la totalité des fédérations de l’Internationale avaient désavoué les décisions du congrès de La Haye, désavoué le Conseil général, et que pour cela Marx et ses amis avaient tout simplement exclu de l’AIT la totalité du mouvement ouvrier organisé de l’époque – les Allemands ne pouvant pas être exclus, puisque aucune fédération ou section allemande n’y avait jamais adhéré !!! Et lorsque James Guillaume et Pindy essayèrent de le leur expliquer, les social-démocrates ne voulurent tout simplement pas les croire !

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