Rapport d’Errico Malatesta sur le Congrès d’Amsterdam (1907)
21, 28 septembre et 5 octobre 1907
Article mis en ligne le 20 septembre 2015

par Eric Vilain

Je ne vais pas donner un compte rendu détaillé du Congrès, cela
a été déjà fait par d’autres journaux ; et d’ailleurs sous peu le Bureau
International de correspondance va publier en brochure, comme il en
a reçu mandat, le texte des résolutions, tandis que d’autres
camarades s’occupent de la publication des rapports et des discours
les plus importants.

Je tâcherai plutôt de donner une idée synthé- tique des résultats
du Congrès, tels qu’ils m’apparaissent, et j’analyserai, le plus
complètement qu’il me sera permis par la nécessité d’être bref, et le
plus impartialement qu’il sera possible à un qui est lui-même un
partisan des idées principales qui se sont dégagées des débats.
Et d’abord, je veux dire que le Congrès a surpassé les espoirs
des plus optimistes.

Ce Congrès se réunissait sous de mauvais auspices. Beaucoup
de camarades, peut-être la majorité, avaient regardé sa préparation
d’un oeil indifférent ou hostile : quelques-uns n’y voyaient qu’une
parlote inutile ; d’autres y craignaient une tentative de centralisation
et d’accaparement. Et même beaucoup de ceux qui tiennent le plus
à l’entente entre camarades et qui croient le plus à l’efficacité des
efforts coordonnés, étaient restés perplexes dans la crainte que le
Congrès ne fut une occasion pour aigrir les esprits et augmenter les
dissensions.