La chute de la Maison Thatcher

mercredi 2 décembre 2009
par  René Berthier
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Lorsque Margaret Thatcher est élue Premier ministre du Royaume-Uni en 1979, on savait que c’était une conservatrice pure et dure qui arrivait au pouvoir, mais on ignorait qu’elle allait « essuyer les plâtres » d’un système politique et économique qui allait faire des ravages. Aucun gouvernement jusqu’alors n’avait osé aller aussi loin.

1979, c’est une période charnière. Une époque est terminée, celle du keynésianisme, des « Trente glorieuses » et une nouvelle époque a déjà commencé à se mettre en place, sans qu’on devine encore l’ampleur des dégâts. On parlait déjà de « crise » car les tentatives des pays producteurs de pétrole de réajuster le prix du pétrole, d’une part (1974), et la révolution iranienne (1979), d’autre part, avaient quelque peu secoué le monde capitaliste, sans jamais réellement le mettre dans l’embarras, bien au contraire, mais le prétexte avait été trop beau pour ne pas le saisir au bond et faire pression sur les consommateurs par les hausses des prix et sur les travailleurs par les politiques d’austérité et de blocage des salaires.

Chez les partisans comme chez les critiques du capitalisme, on entendait, déjà, deux types de discours pour « sortir de la crise » :

1. Il faut augmenter les salaires pour augmenter la consommation, ce qui écoulera les biens manufacturés, créant des emplois ;

2. Il faut geler les salaires, liquider les entraves à la flexibilité de l’emploi (le droit du travail), liquider les rigidités dans les salaires (le salaire minimum), supprimer les prélèvements indirects qui « écrasent » les entreprises : alors les employeurs pourront de nouveau embaucher, certes dans des conditions beaucoup moins avantageuses pour les salariés qui n’auront qu’une protection sociale au rabais, des salaires réduits, mais au moins ils auront un travail et ils pourront de nouveau consommer.


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